France: Canal+ assigné en justice pour discrimination envers les signataires de la tribune anti-Bolloré

Publié le 23/05/2026 | Ajouter un commentaire

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé, samedi 23 mai, engager une action en justice contre Canal+, dénonçant une discrimination du patron du groupe envers les signataires d'une tribune anti-Bolloré, avec qui il a affirmé ne plus vouloir travailler.

« Canal+ comparaîtra devant la justice pour avoir violé la loi », affirment la CGT Spectacle et la LDH dans un communiqué, ce samedi 23 mai, où ils dénoncent le « choix brutal de discriminer » de Maxime Saada, président du directoire de Canal+. La Ligue des droits de l'Homme et la CGT Spectacle ont annoncé avoir engagé une action en justice pour discrimination après les propos du dirigeant de Canal+.

Sollicitée par l'AFP, la direction de la chaîne n'a pas souhaité réagir.

Les propos du patron de la chaîne secouent depuis une semaine le monde du cinéma, réuni pour le festival de Cannes qui s'achève samedi soir. Le 17 mai, Maxime Saada avait affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires d'un texte qui dénonce « l'emprise de l'extrême droite » sur le cinéma à travers l'homme d'affaires Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+. « Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », avait lâché le dirigeant de Canal+, dimanche dernier, en plein festival.

« Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l'œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L'action judiciaire est l'un des tremplins nécessaires à cette révolte », a commenté l'avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Me Arié Alimi.

Polémique en plein festival de Cannes

« En stigmatisant publiquement les signataires d'une tribune relevant du débat d'intérêt général, les propos de Maxime Saada sont susceptibles de porter atteinte à l'exercice effectif de leur liberté d'expression, en créant un climat dissuasif propre à décourager toute prise de parole critique au sein du secteur audiovisuel et culturel », détaillent le syndicat et l'ONG dans cette assignation au civil. Dans le texte, les demandeurs sollicitent du tribunal judiciaire de Nanterre qu'il « enjoigne à la société Canal+ de s'abstenir de toute mesure d'exclusion, de refus de collaboration, de discrimination à l'encontre des signataires de la tribune ».

La tribune et sa réponse ont secoué le monde du cinéma en plein festival de Cannes : à 600 signataires au moment de la publication de la tribune, ses auteurs revendiquaient jeudi 21 mai sur Instagram plus de 3 800 signataires. Parmi eux, de grands noms internationaux comme l'acteur espagnol Javier Bardem, le réalisateur britannique Ken Loach ou encore l'acteur américain Mark Ruffalo.

Certains, à l'instar de l'actrice Anna Mouglalis, ont comparé la « liste noire » des signataires à une forme de « maccarthysme ».


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