États-Unis: l’aile gauche démocrate gagne la primaire dans le Minnesota, mais perd dans le Wisconsin
Publié le 13/08/2026 | Ajouter un commentaire
Les démocrates du Wisconsin et du Minnesota ont voté ce mardi 11 août pour désigner leurs candidats aux élections de mi-mandat de novembre prochain. Des primaires très scrutées, car elles étaient une nouvelle illustration de la lutte idéologique entre la gauche et l'aile modérée du parti. Les résultats ont été mitigés pour les progressistes.

Dans la course pour le poste de gouverneur du Wisconsin, David Crowley a créé la surprise. Le centriste l'a emporté de justesse – moins d'un demi-point – contre la socialiste Francesca Hong, pourtant donnée favorite. La faute, peut-être, à d'anciennes déclarations jugées polémiques. L'élue de 37 ans, fille d'immigrés sud-coréens, avait appelé il y a quelques années au retrait des financements de la police, mais avait aussi dit détester Thanksgiving, la grande fête familiale américaine.
La faute aussi peut être due à l'absence de soutien de la part des poids lourds de la gauche. David Crowley, lui, a pu compter sur l'appui du gouverneur sortant pour présenter Hong comme trop radicale, et donc inéligible dans un État-clé où Donald Trump avait gagné d'une courte tête il y a deux ans.
Pour Jérôme Viala-Godefroy, spécialiste de la politique américaine et enseignant à Sciences Po, le résultat serré de ce scrutin illustre le dilemme qui se pose aux électeurs démocrates : « Il y a une tension au sein de l’électorat démocrate entre éligibilité et désir de changement. Il faut mobiliser l’électorat de gauche, et avoir des candidats qui puissent être élus par des indépendants ou des républicains modérés »
Peggy Flanagan s'impose largement pour le Sénat
Dans le Minnesota voisin, l'issue du scrutin a été complètement différente. C'était, cette fois, un poste de sénateur qui était en jeu. Et là, la progressiste Peggy Flanagan a écrasé son adversaire Angie Craig de 20 points à l'issue d'une campagne acharnée, dominée notamment par la question de la répression de l'immigration. Devant ses partisans, Peggy Flanagan a mis en avant « un choix fondamental » à venir pour les électeurs : « savoir si notre gouvernement sert le plus grand nombre ou l'argent ».
« Penny Flanagan représente cette aile gauche du parti démocrate qui essaye de marquer des points dans la perspective des élections de mi-mandat », analyse Serge Jaumain, spécialiste des Etats-Unis et professeur à l'université libre de Bruxelles. Après l’avoir emporté aux primaires à New York en juin et dans le Michigan la semaine dernière, le camp progressiste emmené par le sénateur du Vermont Bernie Sanders et le maire de New York Zohran Mamdani multiplient en effet les succès ces deniers mois.
À l'approche des élections de mi-mandat en novembre prochain, l'affrontement interne au sein du Parti démocrate – qui se répète à travers les États-Unis – doit en effet définir la meilleure manière de s'opposer à Donald Trump. Et pour le moment, le bilan est encore en demi-teinte pour l'aile gauche des démocrates, qui continue d'enregistrer des victoires sans parvenir toutefois à s'imposer comme la force dominante au sein du parti.