Israël attaque le New York Times après un article sur des abus sexuels contre des détenus palestiniens
Publié le 15/05/2026 | Ajouter un commentaire
Israël a annoncé, jeudi 14 mai, poursuivre le New York Times pour diffamation, après une enquête du journal américain rapportant des abus sexuels contre des détenus palestiniens. Depuis des années, des témoignages et des rapports d'ONG documentent des faits similaires dans les prisons israéliennes. Le New York Times, lui, défend le travail de son journaliste.

Pour le gouvernement israélien, « c'est l'un des mensonges les plus odieux et falsifiés jamais publiés contre l'État d'Israël dans la presse moderne ». Pour le New York Times, « c'est le fruit d'un travail d'enquête approfondi ».
L'article a été publié lundi 11 mai. Il se fonde sur les témoignages de 14 Palestiniens, hommes et femmes, affirmant avoir subi des agressions sexuelles, principalement commises par des gardiens de prison israéliens, mais aussi par des soldats, des membres de la sécurité intérieure et des colons israéliens. L'enquête journalistique décrit « un schéma de violences sexuelles généralisées ». Rien ne prouve que ces abus correspondent à des ordres, précise toutefois l'auteur de l'article.
Outrés, les dirigeants israéliens ont donc choisi d'attaquer le New York Times en justice. Mais le quotidien n'est ni le seul ni le premier à documenter des abus sexuels visant des détenus palestiniens en Israël. De nombreux témoignages apparaissent dans des rapports d'organisations de défense des droits humains, notamment l'ONG israélienne BTselem. Des témoignages ont aussi été recueillis sur le terrain ces dernières années par plusieurs médias, dont RFI.
En outre, le sujet a connu un épisode retentissant en octobre 2025, avec la fuite d'une vidéo montrant des faits de viol dans le centre de détention de Sde Teiman en Israël, lieu d'emprisonnement créé après les attaques du 7 octobre 2023 pour y enfermer des Palestiniens de Gaza. La procureure générale de l'armée israélienne, Yifat Tomer-Yerushalmi, était à l'origine de cette fuite. Elle a ensuite démissionné, en lien avec cette affaire.
L'année précédente, le sujet avait déjà provoqué des remous en Israël, quand des manifestants d'extrême droite – y compris des députés de l'actuelle majorité – avaient pris d'assaut deux centres de détention. Les protestataires s'indignaient de l'incarcération de neuf soldats israéliens soupçonnés du viol d'un détenu palestinien. Les poursuites ont été abandonnées en mars 2026 par la justice militaire.