Sénégal- Lead Francophone Africa : L’agronome Moussa Seck préconise l’Agraria Africa pour faire de l’Afrique le grenier du monde

«Promesses d’Agraria Africa : Quand l’Afrique sera le grenier du monde » était le thème de la conférence organisée ce samedi à Dakar par Lead Francophone Africa. L’exposant, l’agronome Moussa Seck, a démontré les atouts réels dont dispose l’Afrique pour devenir « le grenier du monde ». L’ancien président de la BAD, Babacar Ndiaye et le professeur Fatou Sarr Sow, directrice du laboratoire Genre de l’IFAN étaient également à cette rencontre.



(photo city-dc.com
(photo city-dc.com
S’il y a une personne qui a croit au potentiel de l’Afrique et aux vertus d’une agriculture africaine à l’échelle continentale, l’Agraria Africa, c’est bien le chercheur agronome Moussa Seck. Quand vous vous aventurez à lui demander le pourquoi de son optimisme sur le devenir du continent, voila ce qui risque de résonner dans vos oreilles : « quand vous connaissez bien l’Afrique, vous ne pouvez qu’être optimiste sur son devenir. Nous avons dit que la première condition de la renaissance africaine c’est de bien connaitre notre continent. Ce qu’on nous a obligé à connaître, ce sont les pays, le Sénégal, le Mali, la Mauritanie, mais aujourd’hui si vous enlevez toutes les frontières et que vous ne laisser que l’équateur parce qu’en Afrique la seule frontière qui vaille est l’équateur du fait qu’il donne deux hémisphères qui font la même chose mais différemment. Quand vous comprenez comment l’Afrique a été conçue, comment l’Afrique a été faite, quand vous voyez le potentiel qu’il y a à l’intérieur de ce continent, vous ne pouvez qu’être optimiste. »
Dans le même registre, M. Seck de poursuivre : « Saviez-vous que nous sommes placés entre 40° Nord et 40° Sud, cela veut dire que l’on peut produire toutes les plantes du monde et en même temps, l’Equateur va nous diviser en deux parties égales ce qui nous permettra de les produire deux fois dans l’année. Si on connait le potentiel de l’Afrique, on devrait aller tout droit vers l’unité africaine pour pouvoir tirer profit de ce potentiel ».
Pour que le continent devienne le grenier du monde, le chercheur Moussa Seck estime que les atouts ne manquent pas. Le premier atout de l’Afrique est sa position géographique qui, à travers sa diversité des climats, « lui permet de cultiver toutes les plantes du monde et sans exception. ». Le deuxième constitue la taille du continent. L’Afrique, avec une largeur de plus de 7000 Km et une longueur de près de 8000 Km, une superficie de 3 milliards d’hectares, alors que les superficies cultivées actuellement ne dépassent pas 200 Millions d’hectares, dispose d’un potentiel énorme. Enfin, le fait que l’équateur divise l’Afrique en deux hémisphères exactement égaux constitue un autre atout pour l’Afrique. « Cette étonnante réalité donne à l’Afrique, une symétrie parfaite des climats et des écosystèmes qui en résultent. Ainsi, l’on pourra distinguer dans le continent 4 régions climatiques identiques de part et d’autre de l’équateur », affirme l’agronome.
Cependant, plus que tout, c’est l’irrigation qui doit constituer le moteur de cette révolution agricole. « Nous avons choisi l’irrigation parce qu’en ce qui concerne l’agriculture elle constitue le moteur ; et les faits montrent que les pays secs comme l’Egypte, le Maroc, l’Algérie, grâce à l’irrigation occupent le peloton de tête dans le PIB agricole », renseigne M. Seck. Avant d’ajouter : « Mais rappelez vous nous avons 200 millions d’hectares en pluvial que nous devons multiplier par deux pour atteindre 400 millions hectares d’ici 2025 et que nous devons faire 100 millions d’hectares irriguées, c’est un objectif qui n’est pas utopique. Si nous voulons le faire, on peut y arriver. Et il faut aussi 100 millions d’hectares en superficie pluviale mais modernisée. Vous voyez que c’est des choix stratégiques que nous prenons. On ne fait pas cap tout azimut sur l’irrigation.»
Avant l’exposé du chercheur agronome Moussa Seck, le professeur Fatou Sarr Sow a invité l’assistance à mieux faire connaissance avec le conférencier par le biais d’une présentation retraçant le parcours et les qualités de Moussa Seck. « C’est un chercheur passionné doublé d’un poète », a témoigné le professeur Sarr. A la suite de la directrice de laboratoire Genre à l’IFAN, l’ancien président de la BAD Babacar Ndiaye et le ministre d’Etat Cheikh Tidiane Gadio ont loué la constance, l’humilité et la persévérance du Conférencier. Selon M. Babacar Ndiaye, le conférencier du jour est un modèle à suivre pour la jeunesse africaine.
Auparavant, Mass Lô est revenu sur la mission de Lead Afrique Francophone dont il est le coordonnateur. « Notre ambition est de faire émerger dans la région un leadership de type nouveau plus sensible et ouvert aux exigences du développement durable », a affirmé M. Lô.

El Hadji Alassane Diallo


Lundi 2 Août 2010







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