Car, le retour des partenaires techniques et financiers a permis un accompagnement qui s’est matérialisé par « la suppression d’une bonne partie de la dette du pays et la possibilité de trouver des ressources pour financer l’économie », explique le ministre des Travaux pratiques, Ninsao S. Gnofam. À l’en croire, les infrastructures de transport font partie des priorités définies par le chef de l’Etat. Des travaux sont alors entrepris au Port autonome de Lomé (Pal), « le seul de la sous-région en eau profonde de 14 m » et d’où sont tirés les « 90 % des recettes douanières », affirme le directeur commercial dudit port, Kwamé T. Wili Néné. Ces travaux portent sur l’extension du port avec la construction d’un 3ème quai, d’un terminal à conteneurs et d’une darse. Sur place, les chantiers évoluent. Le 3ème quai aura « une profondeur de 15 m », confie Achille M. K. Wasungu, documentaliste chargé de la communication du Port, notre guide du jour. Tous ces travaux ont pour but de permettre au Pal d’accueillir des méga navires. « Ce qui n’était pas le cas, même au plus fort de la crise ivoirienne », note Kwame T. Wili Néné. « Mais, il ne peut y avoir de port efficace sans routes de qualité et un chemin de fer », fait remarquer le ministre des Travaux publics, informant qu’un projet de chemin de fer de 700 km est envisagé. Il reliera Lomé (au Sud) au Nord du pays. Pour l’instant, précise Ninsao S. Gnofam, le ministère est dans la phase de « construction et de reconstruction » des infrastructures. Aussi, sur la Nationale N°1, des travaux de contournement sont-ils en cours à Alédjo 1 et Alédjo 2 pour « lever l’obstacle des pentes qui vont jusqu’à 12 %, alors que la norme est d’un maximum de 7 % pour les camions. Avec ces travaux, les pentes descendront jusqu’à 5 ou tout au plus 5,6 % », assure M. Gnofam.

Politique d’entretien routier Sur cette Nationale qui supporte « 75 % du trafic vers les pays de l’hinterland », l’accent est mis sur la réhabilitation, poursuit-il. A Alédjo, les Chinois en charge des travaux ont taillé les monts pour faire passer la route. « Le taux d’exécution est de 70 %, selon l’entrepreneur », a dit le ministre des Travaux pratiques. Selon l’adjoint au chef de mission de Contrôle d’ingénierie recherche appliquée (Cira), Adjinda Mafoya, cité par le grand quotidien national d’information « Togo Presse », lors de la visite que le chef de l’Etat a effectuée sur le site le mercredi dernier, « pour le site d’Alédjo 1, le taux d’exécution est de 69%, 44 % à Alédjo 2 et 80% à Défalé avec une consommation de délai d’environ 73 %. Ce qui signifie que sur les 38 mois de travaux, 28 ont été consommés ». La faille d’Alédjo, explique le ministre Gnofam, est une section critique de la Nationale N°1 avec sa pente élevée sur environ 20 Km, principale cause de graves accidents des camions gros porteurs sur cette voie. Les travaux en cours permettront ainsi de corriger cette section noire et critique afin d’éviter définitivement les fortes déclivités entre Aléhéridé, Alédjo et Bafilo ». Du Port, en allant vers le Nord, part une voie aménagée en 2 fois 2 avec un échangeur, afin d’assurer la fluidité du trafic. Des travaux très avancés, comme on le constate de visu sur le terrain. « Avec le soutien de la Bad et de la Baod, 250 km seront ensuite réhabilités. Globalement, le Togo bénéficiera de 400 km de routes réhabilitées », dit le ministre. Ces efforts sont accompagnés d’une politique d’entretien routier pour assurer « la durabilité » des infrastructures. À cet effet, « une société d’entretien des travaux routiers de 2ème génération a été créée, c’est-à-dire qu’elle sera de type privé avec une autonomie en matière de gestion et une obligation de résultats. Elle sera également dotée d’un Conseil d’administration dont les représentants seront issus de l’Etat, de la presse privée, des assureurs, des pétroliers… et d’un Conseil de Surveillance. Pour la mettre en place, le Togo s’est inspiré de l’exemple sénégalais, sud-africain et burkinabé. Même le choix de son directeur a fait l’objet d’appel à candidatures », note le ministre des Travaux pratiques. Le fonds routier sera tiré des postes de péage qui seront installés tous les 100 km. Lesquels seront équipés de pèse-essieu, de portiques et de ponts bascule, afin de garantir « la durabilité des infrastructures », explique le ministre Gnofam.

Forte participation de l’Etat dans le financement Si le Togo a lancé un si vaste programme infrastructurel, « c’est parce qu’il est conscient de sa situation de pays de transit » pour des Etats comme le Ghana, le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso, le Niger, le Mali. Il est ainsi prévu des infrastructures d’intégration ou « routes transversales (10 au total) », annonce-t-il. À en croire le ministre des Travaux pratiques, la part de l’Etat du Togo dans le financement de ces infrastructures est très « importante ». « En 2012, l’Etat a mis 40% de son budget, soit 290 milliards de FCfa. Pour 2013, 80 milliards de FCfa sont prévus dans le budget national et il compte engranger 160 milliards de FCfa de ressources extérieures. Dans 2 à 3 ans, ce sont 800 milliards de FCfa qui seront injectés », affirme M. Gnofam. Pour lui, à la fin de tous ces travaux, le Pal deviendra « très compétitif », d’autant plus qu’il y aura des mesures d’accompagnement avec, par exemple « la réduction au maximum des contrôles policiers » sur les routes. Ces chantiers sont pourvoyeurs d’emplois pour les jeunes. « Environ 10.000 emplois sont garantis durant ces travaux au port, soit 2000 au 3ème quai, 3.000 emplois directs au Terminal à conteneurs et autant indirects et le reste sur les routes », indique le ministre des Travaux pratiques.

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